Le potentiel littéraire de Kolda se mesure à la variété des voix et des genres : roman, nouvelles, poésie, essai, manuel pédagogique, biographie, anthologie… Ici, on écrit la beauté et le réel, l’éducation et la mémoire, la paix et le courage.
1) La mémoire comme boussole : écrire pour ne pas oublier
Avec une anthologie comme Thiaroye 1944, le trésor de la mémoire, la littérature devient un acte de responsabilité. Il ne s’agit pas seulement de commémorer : il s’agit de faire vivre une vérité historique, d’en faire une matière sensible, partagée, transmise. Des contributeurs de profils divers, rassemblés par la même indignation face à l’injustice, proposent une œuvre collective tournée vers la dignité et la conciliation. Ce type de projet dit beaucoup de Kolda : une terre où la culture se met au service du devoir de mémoire.
2) Le développement vu du terrain : la parole à ceux qui ont “fait” le rural
Dans Un si long chemin, on sent l’urgence d’un témoignage de terrain : comment certains projets de développement, parfois “parachutés”, ont pu fragiliser des dynamiques agricoles au lieu de les renforcer. Le propos est direct, lucide, et surtout tourné vers l’action : rappeler que le développement à la base n’est pas réservé aux experts, qu’il commence par l’écoute, la compréhension des réalités socio-culturelles, et l’alliance entre théorie et pratique. Ce livre parle autant aux acteurs ruraux qu’aux décideurs — et à tous les jeunes qui rêvent de retour à la terre.
3) La jeunesse comme promesse : former des leaders et des citoyens
L’esprit d’engagement traverse également Jeunes acteurs du développement, qui se présente comme une boussole pour les jeunes : autonomie, leadership, responsabilité civique, persévérance, connaissance de soi. Ce qui frappe, c’est la volonté d’offrir une “feuille de route” accessible : du concret, des exemples, des exercices, une façon de dire que la réussite n’est pas un hasard mais une construction.
4) La littérature qui frappe le cœur : romans, nouvelles, vertiges humains
Kolda, c’est aussi un laboratoire d’imaginaire. Avec Le Silence du pilon, l’écriture se fait plus mordante, plus symbolique : dix nouvelles qui travaillent la conscience, qui bousculent, qui font passer le lecteur du chaos à une forme de renaissance intérieure. On y retrouve une plume capable de mêler le romanesque au merveilleux, le réalisme au symbole — et de laisser, après la dernière phrase, un silence… pas celui du pilon, mais celui qu’on garde quand on vient d’être touché.
Et puis il y a Le Vertige, qui s’ouvre comme une confession : celle d’un narrateur persuadé que beaucoup d’autres jugeront, douteront, condamneront — et qui espère seulement être entendu par des âmes sensibles. Ce type de texte rappelle que la littérature sert aussi à mettre des mots sur ce que l’on tait, à comprendre la responsabilité sans confondre culpabilité, à regarder l’humain sans le réduire.
5) La transmission : quand le livre devient école
Dans un fascicule comme Le Français au secondaire, on retrouve une autre dimension essentielle du potentiel littéraire local : la pédagogie. Ici, le livre est un outil de réussite, bâti avec rigueur et humilité, pour guider l’élève dans les exercices fondamentaux (dissertation, commentaire), avec une progression claire, une sélection utile, une méthode. C’est une littérature de la transmission, silencieuse mais puissante, qui construit l’avenir à la craie… et à la page.
6) La poésie, la tradition orale et l’âme du Fouladou
Enfin, comment parler de Kolda sans parler de la parole contée ? Une figure comme Bobo Diadia rappelle la force éducative des veillées : le conte qui divertit, mais qui forme aussi, qui façonne, qui transmet des valeurs. Ce patrimoine vivant, gravé ensuite par l’écriture pour être conservé, dit que la littérature koldoise ne naît pas seulement dans les bibliothèques : elle naît aussi sur une natte, au rythme de la voix, après le repas, quand l’enfant écoute et que le monde s’ouvre.
SALIKO 2026 : une promesse de rencontres, de dédicaces et d’inspiration
C’est exactement là que le SALIKO devient plus qu’un événement : il devient un lieu où ces livres respirent. Où l’on peut passer d’un stand à un panel, d’une dédicace à une discussion improvisée, d’un roman à une anthologie, d’un poème à une idée. Et surtout : un lieu où l’on peut rencontrer des auteurs qui ne se contentent pas d’écrire — mais qui enseignent, forment, développent, transmettent, animent, éditent, mobilisent.
Venir au SALIKO, c’est venir chercher :
-
des histoires qui ressemblent à nos territoires et pourtant parlent au monde ;
-
des voix qui osent la mémoire, la critique, la poésie, l’engagement ;
-
des idées qui donnent envie d’agir, d’éduquer, de bâtir ;
-
et cette chose rare : l’inspiration qu’on emporte longtemps après avoir quitté un salon du livre.
Rendez-vous à Kolda, les 12, 13 et 14 février 2026
Le Fouladou n’est pas seulement une région : c’est un imaginaire, une bibliothèque vivante, une réserve de récits. SALIKO 2026 vient le rappeler avec éclat. Si vous aimez les livres, si vous cherchez des auteurs à rencontrer, si vous voulez comprendre ce que Kolda porte dans ses pages et dans ses voix, alors il y a de grandes chances que ce rendez-vous vous fasse du bien.
Et qui sait ? Peut-être que, là-bas, entre une conférence et une dédicace, vous tomberez sur un livre qui vous attendait depuis longtemps — et sur un auteur que vous aurez enfin la chance d’écouter, de questionner, de saluer, comme on salue une lumière.

